Je n'avais pas eu, auparavant, l'occasion d'évoquer les élections générales qui ont eu lieu en Espagne le 9 mars dernier ni les évenements politiques qui en ont suivi. Alors je m'y mets, que dire? Dire que je suis vraiment heureux de la victoire du camp socialiste en Espagne et en France (ou avaient lieu au meme moment les élections municipales), cela ne fait pas de mal de triompher de temps en temps...
Le PSOE remporte plus de 11 millions de voix (son meilleur score électoral), obtient 43, 64% des voix et passe de 164 à 169 sièges (pas assez pour avoir la majorité absolue de 175 sièges mais c'est néanmois une situation confortable pour gouverner).
Son adversaire de toujours, le PP (Partido Popular, droite) emmené durant la campagne par Mariano Rajoy (qui aura lui aussi fait une bonne campagne) remporte 10 millions de voix, obtient 40,12% des voix et passe de 148 à 153 sièges. Il augmente lui aussi son poids au Congrès des Députés malgrès sa défaite. Autant dire qu'après ce revers, la droite espagnole recherche un nouveau souffle, une grande majorité des leaders du PP soutiennent Rajoy tandis que plusieurs individualités se posent en recours: Esperanza Aguirre (Presidente de la Communauté Autonome de Madrid) et Alberto Ruiz Gallardon (Maire de Madrid). Attendons donc le Congrès de juin prochain.
Le dernier grand parti National: IU (Izquierda Unida, communistes et verts) chute brutalement et passe de 5 à 2 députés et perds son groupe parlementaire. Il faut dire que le systeme électoral (proportionnel) a favorisé le renforcement du bipartisme.
Du coté des nationalistes, on remarque aussi une chute de leur audience: le Parti Nationaliste Basque est battu par le PSOE au Pays Basque comme l'est CiU (Convergence et Union) en Catalogne. ERC (esquerra Republicana Catalana) s'affaiblit considérablement lui aussi. Ces deux régions, bastions socialistes, ont été fondamentales dans la victoire de Zapatero.
Enfin, en Andalousie, terre socialiste, le PSOE remporte les suffrages au niveau national et au niveau autonome (victoire au meme moment de Manuel Chaves (voir articles précédents) aux élections autonomes d'Andalousie.
Depuis ces élections, le processus a suivi son cours, les Cortés se sont réunis au début du mois d'avril pour élire un nouveau Président (le socialiste José Bono, soutenu uniquement par le PSOE et donc élu à la majorité simple) et de nouveaux portes parole de groupes. Les consultations politiques entre le PSOE et les autres partis n'ont pas abouti sur un accord en vue de l'investiture du Président du Gouvernement. C'est donc 48 heures après son discours de politique générale que José Luis Rodriguez Zapatero a été investi par le Congrès vendredi 11 avril. Le PP s'est opposé et le reste des groupes s'est abstenu. Après la rituelle prestation de serment en présence de sa majesté le Roi d'Espagne, Zapatero a tenu une conférence de presse pour présenter son gouvernement et la teneur de sa politique pour les quatre prochaines années. Restent les poids lourds: Fernandez de la Vega comme Viceprésidente, Solbes à l'économie et Rubalcaba à l'interieur. Mais on constate de profonds changements dans la composition de ce gouvernement: il y aura plus de femmes que d'hommes et l'une d'entre elle (Carme Chacon) devient Ministre de la Défense. D'autre part deux femmes dirigeront les ministères de la Recherche et le nouveau ministère de l'égalitié.
Alors, quels sont les dossiers du futur gouvernement? Tout d'abord lutter contre la desceleration économique du pays en abandonnant le moteur de la construction pour celui de la recherche et de l'innovation, ensuite entreprendre des politiques de long terme en matière d'environnement, d'eau et d'égalité réelle. Enfin, des réformes institutionelles: réforme de la Justice, lutte plus éfficace contre ETA etc...
Je rajoute en lien, le discours de politique générale de Rodriguez Zapatero:
http://www.la-moncloa.es/Presidente/Discursodeinvestidura/default.htm